Allez au bout vos rêves comme Andréa, prothésiste ongulaire spécialisée en manucure russe

Depuis toujours passionnée par la beauté des mains, Andrea a fait de sa passion un métier. Après un parcours atypique entre sport-études aux États-Unis, expérience à l’étranger et poste administratif, elle décide enfin d’oser se lancer. Aujourd’hui prothésiste ongulaire à domicile, elle mise sur la rigueur, la relation client et le sens du détail pour développer une activité haut de gamme. Elle nous raconte son parcours.
Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours ?
Je m’appelle Andrea et je suis aujourd’hui prothésiste ongulaire à domicile, spécialisée en manucure russe. Je me déplace directement chez mes clientes.
Mon parcours est quelque peu atypique. Après le lycée, je suis partie en sport-études aux États-Unis où j’ai suivi une formation plutôt orientée business. À mon retour, j’ai finalement intégré mon BTS. À l’origine, j’avais un objectif très clair, ouvrir mon propre salon de manucure. Dès mon entretien avec la directrice de mon école, je l’avais annoncé. C’est avec cette ambition que j’ai intégré un BTS chez Peyrefitte dans le domaine de l’esthétique.
Après l’obtention de mon diplôme, je ne me suis pourtant pas lancée tout de suite. J’ai déménagé en Allemagne, où j’ai travaillé pendant trois ans comme social media manager.
De retour en France, je n’ai pas sauté le pas immédiatement car je n’osais pas. J’ai occupé un poste d’assistante administrative, un travail de bureau classique. À un moment, je me suis dit stop, cela faisait plus de six ans que je repoussais un projet qui me tenait à cœur.
Je me suis finalement lancée à mon compte l’année dernière, en mars-avril. Cela fait bientôt un an. C’est récent, mais pour moi, c’est surtout un retour à mes premiers amours.
Pourquoi avoir choisi la manucure et l’onglerie ?
Je ne pourrais pas vraiment l’expliquer rationnellement. J’ai toujours aimé ça. Depuis toute petite, je me fais les ongles. Ma mère se faisait souvent les ongles à la maison et j’ai grandi avec ça.
Je ne suis jamais sans rien sur les ongles, que ce soit aux mains ou aux pieds. J’adorais faire les ongles à mes copines, à mes cousines, à ma famille, juste pour le plaisir. Et puis un jour, je me suis demandé pourquoi cela ne deviendrait pas mon métier.
En quoi consiste votre métier aujourd’hui ?
Concrètement, je m’occupe des ongles de mes clientes. Je réalise principalement des manucures russes, donc avec un travail très précis sur les cuticules, la peau autour de l’ongle et la qualité de l’ongle en lui-même.
C’est un métier très minutieux. Le moindre petit détail peut faire rater toute une pose. Je suis assez maniaque, si je vois le moindre défaut, je corrige immédiatement. Il m’arrive que des clientes me disent “Je n’avais même pas vu, laissez comme ça.” Mais je ne peux pas. Je préfère reprendre tout de suite plutôt que de laisser passer quelque chose.
Comme je travaille à domicile, une journée type commence par la préparation de mon matériel. Je nettoie et je stérilise tous mes outils. Ensuite, je prends la route, j’installe mon matériel chez la cliente, puis je réalise la prestation, qui peut durer entre une et deux heures selon la demande. Ensuite, soit je rentre chez moi, soit j’enchaîne avec une autre cliente.
Quelles sont les qualités essentielles pour exercer ce métier ?
La patience, la rigueur et le sens du détail sont indispensables. C’est un métier manuel, donc sans précision, le résultat ne peut pas être beau.
Il faut aussi croire en soi. Quand on se lance à son compte, le démarrage peut être long. Il faut accepter que cela prenne du temps et rester persévérante.
La relation humaine est également essentielle. J’adore être avec mes clientes, discuter avec elles, passer un bon moment. Certaines copines deviennent clientes, certaines clientes deviennent des copines. Il y a des rendez-vous que j’attends avec impatience parce que je sais que je vais passer un excellent moment. Rendre les mains belles, propres, soignées, ça me plaît énormément.
Quel est votre plus grand challenge aujourd’hui ?
En ce moment, le plus grand défi est de trouver de nouvelles clientes. Je ne suis pas en difficulté, mais je stagne un peu. J’aimerais développer davantage ma clientèle. Le secteur n’est pas forcément bouché, il y a beaucoup de prothésistes ongulaires, mais aussi beaucoup de demandes. La particularité, c’est que je travaille à domicile. Il faut donc trouver des clientes qui acceptent qu’on se déplace chez elles, qui aient le temps et qui ne soient pas trop loin.
Il m’est arrivé d’avoir une demande à plus de 50 kilomètres. Cela représente 100 kilomètres aller-retour, ce n’est pas rentable. Je dois poser des limites géographiques pour que mon activité reste viable.
Pour l’instant, je n’ai pas de salon, donc la gestion est plus simple. Je n’ai pas de loyer commercial, seulement mes frais d’essence, de voiture et de matériel. J’envisage peut-être d’ouvrir un salon d’ici deux ans, mais ce n’est pas encore un projet structuré.
Quelles compétences vous a apporté votre formation ?
Chez Peyrefitte, j’ai surtout développé ma connaissance globale du monde de l’esthétique. Au-delà de la technique, j’ai beaucoup appris sur la relation client, la posture professionnelle et la vente. On nous formait à comprendre les besoins d’une cliente, à proposer des prestations complémentaires de manière naturelle, et à soigner l’expérience dans sa globalité.
J’ai aussi appris à soigner la relation client et à proposer des options complémentaires pour augmenter le panier moyen. Aujourd’hui encore, cela me sert. À chaque prestation, j’arrive souvent à proposer un petit nail art ou une option supplémentaire. Cela booste mon chiffre d’affaires tout en restant cohérent avec la demande de la cliente.
Mon stage chez Guerlain, qui sont d’ailleurs des partenaires de l'école Peyrefitte, m’a énormément apporté. Le monde du luxe m’a appris l’exigence, le sens du détail, la présentation, la façon de parler aux clientes. Aujourd’hui encore, cela me sert.
Quels sont, selon vous, les atouts de l’école ?
Selon moi, l’un des vrais atouts de Peyrefitte, ce sont les partenariats avec de grandes marques et la préparation au monde professionnel. On était accompagnées pour nos CV, nos entretiens, nos stages. Il y avait beaucoup de mises en situation, ce qui rendait les examens très concrets, presque comme dans la vraie vie. Les professeurs étaient souvent des professionnels du secteur, donc on apprenait avec des personnes qui connaissaient réellement le terrain. Cela donne une vraie crédibilité et une bonne préparation pour la suite.
Quel conseil donneriez-vous aux étudiantes ?
Oser.
Si vous avez une idée, un projet, une envie, lancez-vous. N’attendez pas le “bon moment”, parce qu’il y aura toujours une raison de repousser. J’ai attendu longtemps par peur. Je ne regrette pas mon parcours, parce qu’il m’a enrichie, mais parfois je me dis que j’aurais pu me lancer plus tôt.
Si ça marche, tant mieux. Si ça ne marche pas, au moins vous aurez essayé. Il faut croire en soi et faire ce qu’on aime vraiment.
Est-ce qu’une anecdote vous a particulièrement marquée ?
Il y en a une qui me revient. Lors de mon entretien pour mon stage chez Guerlain, je n’avais même pas spécialement prévu de postuler. J’y suis allée un peu en me disant “On verra bien.”
Il n’y avait que deux places. Tout le monde était très préparé, très cadré. Moi, j’y suis allée avec confiance, en restant naturelle, en expliquant ce que je voulais et qui j’étais. Finalement, j’ai été prise. Je pense que ce qui a plu, c’est justement cette sincérité et cette assurance, même sans préparation parfaite. Comme quoi, parfois, il faut juste oser y aller.
